
lundi 16 juillet 2007
Coup de flash sur l'environnement en Chine!

mercredi 4 juillet 2007
Eloge de l’ennui
De fait, mon éducation se partage entre l’influence de ma mère, lève-tôt super active, ayant élevé deux enfants seule et pour ce faire, menant le foyer à la baguette (ma meilleure amie l’avait surnommée « le dragon Lily ») ; et celle de mon père, lève-tôt et couche-tard (avec une sieste dans le milieu), rêveur invétéré, vétéran des projets boiteux et aventureux. La première ne supporte pas de ne rien faire – maintenant qu’elle ne travaille plus, elle jardine furieusement, c’est-à-dire qu’elle fait des trous dans son jardin - ; le second vit assez bien son inactivité, tant qu’il a son quota de dents à arracher (mon père est dentiste) pour pouvoir mieux s’occuper de son temps libre.
J’ai ainsi appris de ma mère qu’il faut utiliser son temps à bon escient tandis que j’ai pris modèle sur mon père pour chérir mes moments d’oisiveté. Li-Chun, dans son article Free Time, nous rappelle combien parfois nous pouvons être désemparés quand nous nous trouvons soudain sans rien faire, nous voilà avec plein de temps devant nous, pour nous, et l’on n’a rien envie de faire : le nouveau polar de l’été nous tombe des mains, les ourlets des pantalons vont encore attendre un peu et en même temps, l’on ne peut s’empêcher de tourner en rond comme un cafard dans un évier bouché : on s’ennuie, on s’emmerde.
Ca ne fait rien vous dirais-je, au contraire ! Ennuyons-nous ! Tournons-nous les pouces puisque nous n’avons pas d’obligation particulière et que ce temps libre nous appartient… En outre, j’aime parfois n’avoir rien à faire et m’ennuyer car c’est sûrement un des seuls moments où je sens littéralement le temps passer. « Compter les heures », « regarder le temps passer », on ne mesure jamais mieux le temps que lorsqu’on attend, lorsqu’on s’ennuie. Evidemment, avec parcimonie sinon l’on risque de vieillir trop vite !!
Ca vous plairait de découvrir d’autres points de vue sur un sujet similaire ? Jetez un coup d’œil au nouveau focus de l’été sur eRenlai, intitulé « le Temps et Moi ».
vendredi 18 mai 2007
En avant pour Kaoshiung!

Comment ? Vous n’êtes pas au courant ? Bon je fais un petit rappel pour ceux qui ne cliquent toujours pas sur les liens que je propose – les liens, c’est pas pour les chiens !
Au début du mois de Mai, eRenlai et le magazine Renlai ont décerné à 10 personnes les « Taiwan Life Sustainability Awards ». Ces prix récompensent l’action de ces 10 contributeurs à une « vie durable » à Taiwan et ils seront remis lors d’une cérémonie prévue en ouverture de la Conférence Internationale sur le Développement Durable et la Diversité Culturelle (25-26 Mai à Kaoshiung, Taiwan). D’ailleurs, le Focus du site propose 10 animations flash pour les présenter.
Ahh, est-ce plus clair maintenant ?
L’idée de la conférence est de traiter ce sujet à travers le prisme d’un dialogue Taiwan-Europe ; parmi les invités sont notamment attendus Joëlle Garriaud-Maylam, sénatrice, Michel Camdessus, l’ancien directeur du FMI et Jean-Claude Poimboeuf, le directeur de l’Institut Français à Taipei. Du côté taiwanais, vont intervenir Wu Jinfa吳錦發, vice-ministre chargé des Affaires Culturelles et Chen Youxiu陳郁秀, secrétaire général de l’Association Nationale Taiwanaise pour la Culture ainsi que Pinglu平路 (littéralement « Route Plate »), une écrivain taiwanaise. En bonus: la présence de Enele S Sopoaga, ambassadeur de Tuvalu (un micro-pays du Pacifique).
Pour plus de détails, vous pouvez visiter cette page (en chinois).
Pour ma part, je suis assez « extatique » (comme dirait mon pote Darren) de m’y rendre car j’y vais pour filmer les participants, les interviewer etc… En plus, je vais prendre le Taiwan High Speed Rail -le TGV taiwanais- pour la première fois ! (Je sais qu’il n’y a pas tant de quoi s’exciter, j’ai déjà pris le TGV des dizaines de fois en France…disons que j’ai été gagnée par l’enthousiasme ambiant).
En attendant de nouvelles aventures, portez-vous bien !
lundi 23 avril 2007
Les élections françaises vues de Taiwan.
A Taiwan, les médias ont relativement peu parlé des élections présidentielles. Je relève néanmoins quelques éléments intéressants dont un relatif au fait que l’un des deux candidats au second tour des élections soit une femme (je précise qu’il s’agit de Ségolène Royal, au cas où un des lecteurs de ce blog tomberait par hasard sur cet article après avoir vécu pendant quinze ans élevé par une famille ourse dans une forêt canadienne). La féminisation de la politique internationale semble susciter des interrogations et surtout des espoirs parmi quelques membres de l’électorat taiwanais mais aussi parmi les politicien(ne)s taiwanais(e)s.
Le China Post Online (la version Internet d’un des principaux quotidiens en anglais du pays) titre son édito du jour « Taiwan needs a woman president: Annette Lu » ; de même, quelques mois plus tôt, cet article de Kailing Wang sur le site d’eRenlai, A Woman for President!, nous explique quels seraient les avantages pour Taiwan d’avoir une femme président.
Plus anecdotique, mes sondages personnels des intentions de vote des Français habitant à Taiwan ont donné François Bayrou et Ségolène Royal favoris (je rappelle que l’on ne peut pas voter directement de Taiwan car il n’y a pas d’ambassade, les plus désargentés ou les plus occupés peuvent faire une procuration de vote, les plus fortunés peuvent se rendre en Corée du sud…). En vérité, je n’ai interrogé que huit français, peut-être pas les plus représentatifs, mais les résultats étaient ainsi : 4 pour Royal, 3 pour Bayrou et 1 ne sait pas… Cela a surpris une amie taiwanaise qui aurait cru les Français expatriés à Taiwan davantage à Droite…
lundi 9 avril 2007
Quel est votre modèle féminin ?

(Peinture de Pan Yu Liang)
L’autre jour, en classe, la prof de chinois nous a demandé si nous avions un modèle féminin et de qui il s’agissait… A l’exception de l’unique garçon présent en classe (j’ai d’ailleurs l’impression qu’il se sent parfois grandement exclu, seul entouré de quatre représentantes de la gent féminine… que dis-je ! Ne vous y trompez pas, c’est en fait un peu le chouchou de ces dames…) Nous nous sommes creusé la tête un court moment et nous avons toutes donné des réponses assez diverses : ça allait de Lady Di à Yinqi (une femme d’affaires taiwanaise, responsable du développement du TGV à Taiwan). Pour ma part, je ne sais pas quelle mouche m’a piquée, mais le premier nom à me venir en tête fut celui de Blanche de Castille ! Non pas que je m’identifie à une reine française du Moyen Age (Blanche de Castille est la mère de Louis IX, elle a aussi la réputation d’être une femme à poigne) ; je pense surtout que nos réponses sont représentatives d’une vision plus moderne de la femme : consciemment ou inconsciemment (comme dans mon cas) nous avons tout de suite associé l’idée d’un modèle féminin à celui de l’image d’une femme forte, possédant aussi un rôle politique assez important.
Il serait faux de dire que la femme taiwanaise est encore accablée par le poids des valeurs confucéennes : traditionnellement, la place de la femme chinoise est limitée à trois rôles qui déterminent également sa place et sa marge de manœuvre au sein de la société. Lorsqu’elle est fille, elle doit obéir à son père, après s’être mariée, c’est à son mari qu’elle doit rendre ses comptes, enfin, quand ce dernier disparaît, c’est au fils qu’elle doit se soumettre. Ce principe connu comme celui des « Trois Obéissances » n’a heureusement plus tellement cours de nos jours à Taiwan. Néanmoins, le fond de cette pensée transparaît encore de manière plus insidieuse notamment au travers de l’éducation par exemple ou de questions portant sur le mariage et même la cigarette !
Ma famille taiwanaise réunit à elle seule les deux extrêmes de modèles féminins taiwanais que j’ai pu rencontrer ici ; d’une part, ma tante : une ancienne chanteuse de cabaret, sans enfant, vivant en concubinage avec mon oncle et fumeuse par-dessus le marché ! D’autre part, ma cousine, belle liane asiatique aux cheveux soyeux et à la peau de lait, assez timide et secrète, sans aspiration notoire sinon de travailler pour gagner de l’argent…pour faire du shopping !
Suggestions du Jour
New Models for Asian Women? By Li-chun Lee
A Woman for President! By Kailing Wang
mardi 27 mars 2007
Losheng

Je copie ici un mail que j'ai reçu récemment à propos d'un lieu à Taiwan: Losheng.
Bonjour à tous,
je ne suis pas un adepte des mails politiques, mais je me permets de vous embêter trente secondes pour vous informer d'une situation préoccupante.
LoSheng est un sanatorium à proximité de Taipei, où depuis plus de cinquante ans vivent les malades de la lèpre de Taiwan. Pour la plupart des résidents, ils ont habité presque toute leur vie sur ce petit bout de colline qu'ils ont su rendre plus "humain", et ce malgré leur isolation de la société et le mépris indifférent des pouvoirs publics.
Pour des raisons d'aménagement urbain (construction d'une nouvelle ligne de métro), les autorités taiwanaises ont décidé de raser ce sanatorium. Le projet urbain initialement adopté, qui conservait 90% du site, a soudainement été remplacé, et les habitants de LoSheng ont été prévenus il y a seulement deux semaines, sans consultation préalable, que les travaux de démolition commenceraient le 16 avril. Il y a certes un projet de relogement pour ces lépreux, mais cette "solution" est absolument inacceptable pour des personnes handicapées, âgées pour la plupart (la lèpre étant, heureusement, une maladie qui ne se propage plus à Taiwan), et qui n'ont aucun repère dans le monde à part ce petit bout de colline qui constitue l'unique horizon de leur existence.
Les changements brutaux dans les plans d'urbanisme, ainsi que l'absence totale de discussions ou de débats témoigne du manque totale de considération de la part du gouvernement taïwanais envers ces personnes malades et handicapées. Cette situation est inacceptable et seule une mobilisation de tous peut encore faire obstacle au fatal enchaînement des évènements.
Vous allez me dire : c'est bien beau tout ça mais qu'est-ce qu'on peut faire ?
1/ Tout d'abord, si vous le souhaitez, vous pouvez vous informer et vérifier par vous-même que je ne vous roule pas dans la farine. Il existe de nombreux sites internet qui expliquent la situation du sanatorium de LoSheng, en voici deux :
en anglais http://www.pcschool.idv.tw
et en français http://lepatrimoinelosheng
2/ Ensuite, si vous souhaitez agir, vous pouvez vous rendre sur ce site : http://www.pcschool.idv.tw
Il s'agit d'une forme de pétition photographique internationale : vous imprimez l'une des deux affiches de défense de Losheng (je les ai rajoutées en pièce jointe), et vous vous prenez en photo avec. Ensuite, vous envoyez la photo à l'adresse suivante : anarchistem@gmail.com
3/ Enfin, et surtout devrais-je dire, vous pouvez faire circuler l'information autour de vous. Rien ne vous interdit d'arrêter les passants dans la rue, de leur expliquer la situation à LoSheng et de les prendre en photo avec une petite affichette... Rien ne vous interdit non plus d'avertir les médias, les pouvoirs publics, ou les associations de sauvegarde des droits de l'homme... Mais si vous êtes un peu flemmard, ou bien pressé, vous pouvez tout simplement faire circuler ce mail autour de vous, ce qui est un moyen extrêmement simple et rapide de faire une bonne action. Nous tentons de réunir 10000 photos avant de soumettre la pétition aux pouvoirs publics. On en est, aujourd'hui 22 mars, à mille et quelques...
Merci de votre aide.
Benoît Bouquin
Liens
http://www.pcschool.idv.tw
http://lepatrimoinelosheng
La lèpre dans la tradition bouddhiste d'Elise Anne deVido (en anglais)
mardi 20 mars 2007
Menu chinois pour une maman chinoise

Maman, laisse-moi d’abord te dire que je suis très touchée par tes efforts : quelle agréable surprise d’apprendre que non seulement tu lis mon blog en français, et qu’en plus, tu visites aussi le site pour lequel je travaille maintenant… Après m’avoir nourrie à la becquée pendant vingt ans, c’est à moi de te concocter des petits plats : voilà de la nourriture pour tes beaux yeux… En entrée, je te propose une petite virée en Italie,
Tu connais bien les « fourmis qui montent aux arbres », et bien nous allons faire de même et d’abord remonter la botte, du Sud de l’Italie vers le Nord…
En plat de résistance, il te faudra mordre dans la Déclaration du Droit au Développement Durable !
Enfin, en dessert, je te propose une balade digestive sur l’air des « Iles vagabondes » de Wang Li…
J’espère que le menu du jour t’aura plu, chère Maman… (Ton gratin d’épinards me manque beaucoup !)
Suggestions du Jour pour un Menu en chinois
Purple 的 我的餐桌在南義 和 北義的美味人生
李禮君的永續發展宣言
王麗的飄泊之歌
mercredi 14 mars 2007
Mon père m'a raconté...

Quand j’étais petite, mon père me racontait beaucoup d’histoires sur son enfance et sa jeunesse en Asie du Sud-Est et plus particulièrement au Cambodge. Mon père en effet est un « huaqiao 華僑 », c’est-à-dire un chinois né au Cambodge. Tous ses souvenirs d’enfance, souvent un peu déformés par le filtre du temps, ont contribué par leur exotisme à créer un Cambodge imaginaire que j’ai redécouvert quand je m’y suis rendue pour la première fois il y a cinq ans…
Je ne vais pas faire le récit ici de mon voyage, cela sera (peut-être) l’objet d’un autre billet sur le blog ; en fait, l’article d’aujourd’hui se place dans la continuité de l’article précédent sur ces propos entendus dans mon enfance qui ressurgissent au hasard d’une conversation ou, comme c’est le cas ici, d’une lecture.
« Le Tonlé Sap (ce qui signifie en khmer « grande rivière d'eau douce », mais qu'on traduit plus fréquemment par « grand lac ») est un système hydrologique combinant lac et rivière, d'une importance capitale pour le Cambodge. Le lac est le plus grand lac d'eau douce d'Asie du Sud-Est et un site de première importance du point de vue écologique, reconnu en tant que biosphère UNESCO en 1997. Il se situe non loin du site historique d'Angkor Vat. La rivière relie le lac au Mékong, fleuve qu'elle rejoint à Phnom Penh, la capitale du pays. » (Présentation empruntée à Wikipédia)
Suggestions du Jour
Downstream Countries par Moeun Nhean.
Conservation awareness par Prabha Gautam (Sur le développement durable au Népal)
vendredi 9 mars 2007
Mon père a dit....

Enfant, j’aimais me glisser auprès des adultes et écouter leurs conversations. Cela me fascinait, la manière dont certains s’emportaient ou s’exprimaient sur des sujets dont je ne comprenais pas vraiment l’ampleur mais qui me paraissaient tout de même importants car discutés par des adultes. Je me souviens aussi que je prenais tout pour comptant : lorsque l’on est enfant, la vérité sort de la bouche des grands…
Plus tard, j’ai fait moi-même l’expérience de ces conversations à bâtons rompus, où l’on parle de tout et de rien, où l’on développe aussi l’art de parler pour ne rien dire et de parler de ce que l’on ne sait pas (notamment des livres que l’on n’a pas lus1).
Je veux parler ici d’une phrase que j’ai entendue dans la bouche de mon père et qui m’a considérablement marquée car elle me revient parfois à l’esprit. Récemment, nous discutions entre amis des effets du développement économique en Chine et dans le monde : notre point de départ étaient les flashs animations de Sabrina sur l’air, l’eau et les forêts en Chine ainsi qu’un article publié sur Spiegel Online (China's Poison for the Planet 2 Février 2007). Soudain, je me suis souvenue d’avoir entendu un jour mon père dire : « En fait, Mao était un écolo, il a retardé de trente ans le développement économique de
Outre le cynisme et le mauvais goût de la plaisanterie, le point de vue reflète aussi l’opinion assez partagée que le développement économique s’accompagne forcément du saccage de la nature (cela ne va sûrement pas rehausser l’éclat de ces propos, mais je me dois d’ajouter que mon père est toujours sobre, c’est d’ailleurs le seul pilier de bar que je connaisse à ne commander que du coca ou du sarsi –le coca chinois-). Depuis l’époque de cette phrase, les mentalités ont changé, les gouvernements aussi. Tout du moins dans les pays qui se sont développés plus tôt. Néanmoins, l’idée d’un développement durable essentiel et non pas seulement accessoire doit continuer à faire son chemin, aussi bien au niveau individuel qu’au niveau national et mondial.
Suggestions du Jour
Climate Change: a Call for World Governance et China's Environmental Challenge
par Benoit Vermander.
1A ce propos, un psychanalyste, Pierre Bayard, a sorti un livre Comment parler des livres que l’on n’a pas lus, mais je ne peux pas en dire plus…car je ne l’ai pas lu !
lundi 5 mars 2007
La Chine entre 1979 et 1981

Dès que j’ai vu les photos de Yves Nalet sur
vite compris…après avoir mis 3 heures à récupérer nos vélos ! »
China, 1979-1981, photos par Yves Nalet

