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jeudi 10 septembre 2009

Les Sept Crises de l'Humanité - Lettre d'information eRenlai Septembre 09

Chers amis,

C'est dans l'adversité que nous découvrons nos faiblesses et nos forces, notre petitesse et notre grandeur. L'homme peut plier et succomber, cependant, selon la formule de Blaise Pascal, "il est un roseau pensant. [...] Quand l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu'il sait qu'il meurt, et l'avantage que l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien". Ainsi, essayons d'user de toutes nos facultés, pour agir, réagir, formuler nos pensées et les partager... Réfléchissons ainsi avec Benoît Vermander sur les conséquences du typhon Morakot qui a récemment dévasté Taiwan. De même, apprenons-en plus sur l'aide communautaire dans le village de Zhongliao (Taiwan) et, avec Marcos Gava, un nouveau contributeur d'Argentine, imaginons ensemble comment pourraient être recyclés et réhabilités nos déchets électroniques.


Le Focus de ce mois-ci nous invite à prendre les crises que nous affrontons dans leur globalité. Benoît Vermander recourt au mythe d'Hercule et de l'hydre de Lerne pour évoquer l'imbrication des problèmes auxquels est confrontée l'humanité aujourd'hui. Conduits par cette pensée, les contributeurs d'eRenlai font part de leurs idées sur l'amenuisement des terres arables en Chine (Cerise), sur les aspects positifs et négatifs de la titrisation (Felipe Lozano); ou encore, nous vous proposons une lecture de la dernière encyclique papale, Caritas in Veritate, un texte qui devrait intéresser les économistes et les banquiers. Par ailleurs, Nick Coulson expose son intérêt pour le glanage, un concept et une pratique qui semblent pouvoir couper plusieurs têtes de l'hydre à la fois.


Et afin de nous sortir un peu de la tourmente, nous vous invitons à une petite escapade musicale: découvrez l'Orchestre de Musique Traditionnelle Chinoise de Shanghai, une formation qui mélange les genres, les lieux et les époques. Suivez aussi Nakao Eki au Festival de Musique de Salzbourg où résonne la sonate des "Trilles du Diable".


Nous espérons que ce numéro d'eRenlai vous donnera de l'énergie pour démarrer la nouvelle année scolaire. Restez en ligne car nous vous réservons encore des surprises très prochainement.

mardi 27 novembre 2007

Chine brune ou Chine verte?


C'est le titre du nouvel ouvrage de Benoit Vermander paru aux presses de Sciences Po... C'est aussi l'enjeu du développement futur de la Chine qui se pose ainsi en terme de dilemmes pour l'Etat-Parti: comment gérer une crise environnementale indéniable et étroitement liée au phénomène de corruption tout en maintenant le même taux de croissance et de développement?

Le maintien d'un Etat fort et omniprésent (dans ce cas-là, au détriment des libertés civiles) suffit-il à assurer le progrès social et l'objectif de construction d'une "société harmonieuse" ?

Ces deux question apparaissent aussi indissociables du statut de la Chine sur le plan international et de ses relations avec les autre puissances en place.


En fait, il est intéressant de noter que l'auteur se situe aussi dans une perspective européenne pour répondre notamment à cette dernière question (voir la conclusion sur le multilatéralisme Europe-Chine). L'exemple de la manière dont le pays s'est soumis aux conditions assez drastiques imposées lors de son entrée dans l'OMC montre aussi que la Chine peut emprunter la voie d'un développement plus durable et que les nations ainsi que les organisations internationales ont leur rôle à jouer dans l'infléchissement des futures politiques chinoises.


On pourra remarquer au passage que les thèmes abordés par le président français lors de sa visite à Pékin couvrent une partie de ces thématiques notamment celle des responsabilités sur le plan international de la Chine en tant que puissance politique en devenir.


Entretien Live de Benoit Vermander sur le site de l'Express.com
Chronique de C. Makarian

mercredi 25 juillet 2007

Gare au panda-a-aaaaaa!

L'été taiwanais pointe sa langue de feu sur nos crânes bientôt chauves à force d'être rôtis par les uv... Décidons donc de rester au frais et de "geeker" un peu, voici une vidéo charmante ou vous verrez un panda défenseur de la nature corriger sévèrement un malandrin de parisien::: Avez-vous reconnu le style? Il ne s'agit pas moins des inénarrables cousins Jim et Tom...

lundi 16 juillet 2007

Coup de flash sur l'environnement en Chine!


Voilà, je fais mes premières armes dans la réalisation de films flash avec cette présentation de Panzhihua, ville minière en Chine construite dans les années soixante. Le texte en anglais a été traduit d'un texte chinois composé par Liang Zhun, une photographe chinoise travaillant à Chengdu.


Je décrète donc le mois de la flash animation ouvert sur le thème de l'environnement en Chine! Pour que vous ne soyiez pas en reste, voici des liens aux flash animations de Sabrina Bourouga : La pollution de l'air en Chine, L'eau en Chine et les Forêts de Chine.


Ces présentations diverses dressent un portrait assez alarmant de la situation écologique en Chine et c'est vrai que l'on a tendance à tirer à boulets rouges sur le géant asiatique quand l'on évoque ces questions. Sans vouloir me faire l'avocat du diable et seulement pour rétablir un peu l'équilibre, je souhaite néanmoins rappeler qu'il s'agit surtout de prévisions qui doivent justement nous amener à agir et non pas à adopter une attitude fataliste. Claude Mandil, directeur de l'Agence Internationale de l'Energie (AIE) précise dans un communiqué de l'AFP (3 mai 2007) que "par tête, la Chine est encore très loin d'émettre autant que les Etats-Unis et même que les autres pays de l'OCDE", le problème étant plutôt le fait que les émissions de gaz à effet de serre chinoises "progressent plus rapidement que prévu et que des mesures doivent ainsi être prises".


Des mesures qui devraient avant tout être politiques et émaner des gouvernements selon une étude publiée le 12 juillet 2007 par la banque HSBC (!) : en effet, 68% des 9000 des personnes interrogées estime que c'est aux gouvernements de jouer le rôle principal. Cette étude révèle surtout que les chinois seraient plus préoccupés que les Européns par le réchauffement climatique... 60% des personnes interrogées en Chine, en Inde, au Mexique et au Brésil s'inquiètent des changements climatiques, contre seulement 22% au Royaume-Uni et 26% en Allemagne! Malgré un engagement très fort dans les luttes environnementales, les français sont aussi les plus pessimistes quand à l'efficacité de ces actions.

mercredi 14 mars 2007

Mon père m'a raconté...



Quand j’étais petite, mon père me racontait beaucoup d’histoires sur son enfance et sa jeunesse en Asie du Sud-Est et plus particulièrement au Cambodge. Mon père en effet est un « huaqiao 華僑 », c’est-à-dire un chinois né au Cambodge. Tous ses souvenirs d’enfance, souvent un peu déformés par le filtre du temps, ont contribué par leur exotisme à créer un Cambodge imaginaire que j’ai redécouvert quand je m’y suis rendue pour la première fois il y a cinq ans…


Je ne vais pas faire le récit ici de mon voyage, cela sera (peut-être) l’objet d’un autre billet sur le blog ; en fait, l’article d’aujourd’hui se place dans la continuité de l’article précédent sur ces propos entendus dans mon enfance qui ressurgissent au hasard d’une conversation ou, comme c’est le cas ici, d’une lecture.


Mais connaissez-vous d’abord le Tonlé Sap ? Ce fleuve unique au monde a la particularité de couler dans les deux sens : vers l’aval pendant six mois puis l’autre moitié de l’année vers l’amont !


« Le Tonlé Sap (ce qui signifie en khmer « grande rivière d'eau douce », mais qu'on traduit plus fréquemment par « grand lac ») est un système hydrologique combinant lac et rivière, d'une importance capitale pour le Cambodge. Le lac est le plus grand lac d'eau douce d'Asie du Sud-Est et un site de première importance du point de vue écologique, reconnu en tant que biosphère UNESCO en 1997. Il se situe non loin du site historique d'Angkor Vat. La rivière relie le lac au Mékong, fleuve qu'elle rejoint à Phnom Penh, la capitale du pays. » (Présentation empruntée à Wikipédia)


L’importance du Tonle Sap est aussi économique car il s’agit (s’agissait) du lac le plus poissonneux du monde : mon père me racontait ainsi que lorsqu’il était petit, il y avait tellement de poissons qu’on n’avait pas besoin d’appât pour pêcher, il suffisait de plonger l’hameçon dans l’eau pour ramener une proie de la taille d’un bras (de petit garçon je suppose…).


L’article Downstream Countries de Moeun Nhean porte sur la baisse du niveau de l’eau dans le Mékong et le Tonle Sap et sur les conséquences que cela engendre pour ceux qui vivent de ces eaux. Les pays touchés par la décrue sont essentiellement le Vietnam et le Cambodge situés en aval (« downstream » en anglais). On parle assez peu de ce sujet en général, je vous invite ainsi à lire l’article accompagné de très belles photos sur eRenlai.



Suggestions du Jour

Downstream Countries par Moeun Nhean.
Conservation awareness
par Prabha Gautam (Sur le développement durable au Népal)

vendredi 9 mars 2007

Mon père a dit....


Enfant, j’aimais me glisser auprès des adultes et écouter leurs conversations. Cela me fascinait, la manière dont certains s’emportaient ou s’exprimaient sur des sujets dont je ne comprenais pas vraiment l’ampleur mais qui me paraissaient tout de même importants car discutés par des adultes. Je me souviens aussi que je prenais tout pour comptant : lorsque l’on est enfant, la vérité sort de la bouche des grands…

Plus tard, j’ai fait moi-même l’expérience de ces conversations à bâtons rompus, où l’on parle de tout et de rien, où l’on développe aussi l’art de parler pour ne rien dire et de parler de ce que l’on ne sait pas (notamment des livres que l’on n’a pas lus1).

Je veux parler ici d’une phrase que j’ai entendue dans la bouche de mon père et qui m’a considérablement marquée car elle me revient parfois à l’esprit. Récemment, nous discutions entre amis des effets du développement économique en Chine et dans le monde : notre point de départ étaient les flashs animations de Sabrina sur l’air, l’eau et les forêts en Chine ainsi qu’un article publié sur Spiegel Online (China's Poison for the Planet 2 Février 2007). Soudain, je me suis souvenue d’avoir entendu un jour mon père dire : « En fait, Mao était un écolo, il a retardé de trente ans le développement économique de la Chine et donc aussi la pollution planétaire que cela engendre… »

Outre le cynisme et le mauvais goût de la plaisanterie, le point de vue reflète aussi l’opinion assez partagée que le développement économique s’accompagne forcément du saccage de la nature (cela ne va sûrement pas rehausser l’éclat de ces propos, mais je me dois d’ajouter que mon père est toujours sobre, c’est d’ailleurs le seul pilier de bar que je connaisse à ne commander que du coca ou du sarsi –le coca chinois-). Depuis l’époque de cette phrase, les mentalités ont changé, les gouvernements aussi. Tout du moins dans les pays qui se sont développés plus tôt. Néanmoins, l’idée d’un développement durable essentiel et non pas seulement accessoire doit continuer à faire son chemin, aussi bien au niveau individuel qu’au niveau national et mondial.

Suggestions du Jour
Climate Change: a Call for World Governance et China's Environmental Challenge
par
Benoit Vermander.

1A ce propos, un psychanalyste, Pierre Bayard, a sorti un livre Comment parler des livres que l’on n’a pas lus, mais je ne peux pas en dire plus…car je ne l’ai pas lu !