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jeudi 13 mars 2008

Le dos de mon père

eRenlai consacre son focus du mois au thème de la paternité. En chinois, le magazine et le focus ont titré: 父親,不只有背影 , ce qui signifie "Un père n'est pas seulement un dos" (la traduction - de mon crû - n'est sûrement pas la meilleure, mais j'ai voulu garder la dimension involontairement comique de l'histoire).

En effet, le titre chinois fait référence à un texte apparemment incontournable des études secondaires à Taiwan : Dos (背影,
voir le texte original en chinois) de Zhu Ziqing (朱自清) (1925). Le narrateur raconte sa relation avec son père qui connait des déboires professionnels et affectifs : jeune garçon puis adolescent, il voit la déchéance financière de son père qui doit payer les funérailles de sa mère et pour cela hypothéquer la maison familiale. Un jour, le fils doit se rendre a Nanjing et le père décide de l'accompagner. S'ensuit une scène poignante durant laquelle le père du narrateur décide d'acheter des fruits pour que son fiston ait de quoi grignoter pendant le trajet. Le narrateur verse alors de chaudes larmes en évoquant la silhouette grassouillette de son père qui doit descendre un parapet pour aller acheter les fruits. Le texte s'achève ensuite sur la décrépitude du père qui devient acariâtre a la fin de sa vie et passe son temps à accabler de reproches son entourage.

Mon chinois n'est peut-être pas assez bon pour saisir toutes les subtilités littéraires du texte (il me faut en effet faire un effort d'imagination assez considérable pour percevoir l'aspect dramatique et poignant de la situation), mais je crois que je peux ressentir ce que tente de décrire le narrateur quand je me réfère à mon expérience personnelle : dire au-revoir a quelqu'un et avoir l'impression que c'est la dernière fois que l'on voit sa silhouette s'éloigner de dos. Ne dit-on pas en français que "partir, c'est mourir un peu"?...

lundi 5 novembre 2007

Surmonter les obstacles

Obstacle : 障礙(碍)zhang4ai4

Le focus du mois de novembre sur eRenlai est consacré non pas seulement au fait d'être handicappé mais surtout au fait de savoir comment surmonter ses handicaps et les obstacles que nous pouvons rencontrer en général. Sans être nécessairement invalide ou sévèrement handicappé, nous pouvons tous être confrontés à nos limites, qu'elles soient physiques, mentales voire sociales (nous n'avons pas tous la chance -la malchance?!- d'être nés avec une petite cuiller en argent dans la bouche).
Je vous recommande ces quelques articles :
Overcoming Handicaps de Li-Chun (et sa version originale en chinois 克服障礙)


Ou encore le témoignage de Huang Yu-ching (Taipei) qui enseigne l'anglais aux enfants non-voyants:


Ci-dessous, vous trouverez également un communiqué sur l'action menée au Parlement européen pour faire mieux connaitre les problèmes "dys" (dyslexie, dyspraxie etc) dans les Etats membres de l'Union européenne.

Strasbourg, 24 octobre 2007
Intergroupe Famille

Bilan des actions menées au Parlement européen contre les "dys-criminations" dont souffrent les enfants "dys"

(Dyslexiques, dyspraxiques, dysphasiques, dyscalculiques,
troubles de l'attention avec sans hyperactivité)

Mme Marie Panayotopoulos, Présidente de l'Intergroupe "Famille" du Parlement européen, a dressé le bilan mercredi à Strasbourg des actions menées au Parlement européen contre les "dys-criminations" dont souffrent plus de 10 pc d'enfants dans les pays de l'Union européenne affectés à des degrés divers par des troubles "dys" atteignant très tôt leurs capacités de communication orales ou écrites et pouvant les conduire à l'exclusion scolaire puis sociale s'ils ne sont pas détectés puis traités correctement.

La façon dont ces troubles sont repérés, diagnostiqués et traités (soit par des rééducations médicales, soit par des aménagements du cadre de la scolarité, comme par exemple l'autorisation d'utiliser des PC pour les épreuves écrites des examens) varie fortement d'un Etat membre à l'autre.

Mme Panayotopoulos, Mme Záborská, Présidente de la commission des droits de la femme du Parlement européen, M. Richard Howitt (PSE), Président de l'Intergroupe "Handicapés", Mme Roberta Angelilli (UEN), rapporteur du Parlement européen sur la communication de la Commission sur les droits de l'enfant et Mme Kathy Sinnott (IND), Vice-Présidente de l'Intergroupe famille, ont déposé une déclaration écrite demandant un meilleur repérage de ces troubles dans tous les pays de l'Union européenne et l'application des meilleures pratiques pour y remédier.

Cette déclaration écrite, qui a suscité un énorme intérêt auprès des organisations de parents d'enfants "dys" dans tous les pays de l'Union européenne et qui sera clôturée le 25 octobre, a recueilli plus de 420 signatures de députés européens, dépassant ainsi largement le nombre minimum de signatures nécessaire pour que le texte soit transmis aux autorités européennes et aux Parlements nationaux des 27.

Des représentants des Directions générales Emploi et Education de la Commission européenne, le Professeur Joachim Dattke, membre de la Fondation allemande "Theodor-Hellbrügge" spécialisée dans le repérage très précoce et le traitement de différents handicaps, et des membres d'associations de parents d'enfants "dys", notamment la Fédération française des troubles du langage (FLA) et l'"Asociación dislexia y familia" des îles baléares, et d'associations de jeunes adultes dys" ont participé à la réunion de l'intergroupe spécialement consacrée au bilan de cette campagne.

Le commissaire européen Kyprianou, en déplacement, avait également fait parvenir à Mme Panayotopoulos une lettre de soutien à la campagne engagée au Parlement européen en faveur des enfants "dys". Il y constatait notamment l'insuffisance des indicateurs sur les troubles "dys" dans de nombreux Etats membres et précisait que le prochain programme européen "Santé" 2008-2013 pourrait précisément renforcer les études dans ce domaine.

Sinon, plusieurs programmes européens dans les domaines de l'éducation, notamment tout au long de la vie, de la culture ou des affaires sociales pourront contribuer à diffuser dans tous les Etats membres les meilleures pratiques ayant cours parmi eux. Des actions spécifiques concernant la dyslexie ont déjà eu lieu dans le cadre des programme européens Recherche et Comenius.

Alors que de jeunes dyslexiques ont témoigné mercredi du fait que de "véritables maltraitances" envers les enfants et jeunes "dys" ont toujours cours dans certaines écoles, les participants ont souligné la nécessité d'un repérage très précoce (dès quelques mois) : des rééducations dès ce stade peuvent contribuer très efficacement à réduire la gravité des troubles ultérieurement.

D'autres participants ont fait état de l'intérêt de certaines grandes entreprises européennes pour mieux prendre conscience de ces troubles, -dont certains de leurs employés peuvent souffrir (souvent en devant les cacher)-, afin de faciliter l'embauche et l'insertion professionnelle de ces jeunes "dys", dont l'intelligence n'est en rien affectée par la dyslexie et les troubles associés.

Outre la nécessité d'un repérage très précoce et de l'application des meilleures pratiques en vue de faciliter leur scolarisation, en milieu ordinaire ou en milieu spécialisé lorsque cela est vraiment nécessaire, d'autres participants ont également souhaité une réflexion et des recherches approfondies sur l'origine de ces troubles, qui n'est toujours pas élucidée.

La Commission européenne a lancé en 2006 un projet pluriannuel de recherche européen pour mieux comprendre l'origine de la dyslexie et de la dysphasie (Neurodys).

Outre la déclaration écrite, Mmes Panayotopoulos, Záborská et Amalia Sartori, coordinatrice du Groupe PPE DE à la commission des droits de la femme et Vice-présidente de la délégation italienne de ce groupe, avaient également posé une question orale à la Commission européenne concernant ces troubles, question à laquelle le commissaire Jan Figel a répondu lors de la session plénière en septembre dernier. Cette question orale insistait notamment sur le respect des Directives européennes concernant les non-discriminations à l'embauche et sur le lieu de travail. Durant le débat, plusieurs eurodéputés avaient également mentionné la question du soutien qui doit être apporté aux personnes "dys" au niveau de l'éducation et de la formation.


Marie PANAYOTOPOULOS MdPE : 32.2.284.54.47
ou Anne Vahl au service de presse du Groupe PPE-DE du Parlement européen : 32.475.49.33.54






mercredi 4 juillet 2007

Eloge de l’ennui


« Soit un peu plus active, bouge ! », « ne reste pas là à ne rien faire » ; « rends-toi utile »… Combien de fois ai-je bien pu entendre ces injonctions dans la bouche de ma mère au temps où, adolescente, la moindre altération de mon univers familier suffisait à me plonger dans une rêverie, certes improductive, mais tellement plaisante… Lorsque j’étais enfant, les rangements saisonniers de notre chambre sous la baguette autoritaire de ma mère duraient des heures ; non seulement à cause du grand désordre accumulé durant ces mois de paresse mais aussi parce que chaque jouet, chaque livre retrouvé dans des endroits inattendus faisait naître entre mon frère et moi des discussions animées voire même des bagarres ou alors une méditation profonde sur les nouvelles perspectives ouvertes par ces objets que l’on croyait perdus à jamais ou dont on avait simplement oublié l’existence.

De fait, mon éducation se partage entre l’influence de ma mère, lève-tôt super active, ayant élevé deux enfants seule et pour ce faire, menant le foyer à la baguette (ma meilleure amie l’avait surnommée « le dragon Lily ») ; et celle de mon père, lève-tôt et couche-tard (avec une sieste dans le milieu), rêveur invétéré, vétéran des projets boiteux et aventureux. La première ne supporte pas de ne rien faire – maintenant qu’elle ne travaille plus, elle jardine furieusement, c’est-à-dire qu’elle fait des trous dans son jardin - ; le second vit assez bien son inactivité, tant qu’il a son quota de dents à arracher (mon père est dentiste) pour pouvoir mieux s’occuper de son temps libre.

J’ai ainsi appris de ma mère qu’il faut utiliser son temps à bon escient tandis que j’ai pris modèle sur mon père pour chérir mes moments d’oisiveté. Li-Chun, dans son article
Free Time, nous rappelle combien parfois nous pouvons être désemparés quand nous nous trouvons soudain sans rien faire, nous voilà avec plein de temps devant nous, pour nous, et l’on n’a rien envie de faire : le nouveau polar de l’été nous tombe des mains, les ourlets des pantalons vont encore attendre un peu et en même temps, l’on ne peut s’empêcher de tourner en rond comme un cafard dans un évier bouché : on s’ennuie, on s’emmerde.

Ca ne fait rien vous dirais-je, au contraire ! Ennuyons-nous ! Tournons-nous les pouces puisque nous n’avons pas d’obligation particulière et que ce temps libre nous appartient… En outre, j’aime parfois n’avoir rien à faire et m’ennuyer car c’est sûrement un des seuls moments où je sens littéralement le temps passer. « Compter les heures », « regarder le temps passer », on ne mesure jamais mieux le temps que lorsqu’on attend, lorsqu’on s’ennuie. Evidemment, avec parcimonie sinon l’on risque de vieillir trop vite !!
Ca vous plairait de découvrir d’autres points de vue sur un sujet similaire ? Jetez un coup d’œil au nouveau focus de l’été sur
eRenlai, intitulé « le Temps et Moi ».

lundi 9 avril 2007

Quel est votre modèle féminin ?


(Peinture de Pan Yu Liang)

L’autre jour, en classe, la prof de chinois nous a demandé si nous avions un modèle féminin et de qui il s’agissait… A l’exception de l’unique garçon présent en classe (j’ai d’ailleurs l’impression qu’il se sent parfois grandement exclu, seul entouré de quatre représentantes de la gent féminine… que dis-je ! Ne vous y trompez pas, c’est en fait un peu le chouchou de ces dames…) Nous nous sommes creusé la tête un court moment et nous avons toutes donné des réponses assez diverses : ça allait de Lady Di à Yinqi (une femme d’affaires taiwanaise, responsable du développement du TGV à Taiwan). Pour ma part, je ne sais pas quelle mouche m’a piquée, mais le premier nom à me venir en tête fut celui de Blanche de Castille ! Non pas que je m’identifie à une reine française du Moyen Age (Blanche de Castille est la mère de Louis IX, elle a aussi la réputation d’être une femme à poigne) ; je pense surtout que nos réponses sont représentatives d’une vision plus moderne de la femme : consciemment ou inconsciemment (comme dans mon cas) nous avons tout de suite associé l’idée d’un modèle féminin à celui de l’image d’une femme forte, possédant aussi un
rôle politique assez important.

Il serait faux de dire que la femme taiwanaise est encore accablée par le poids des valeurs confucéennes : traditionnellement, la place de la femme chinoise est limitée à trois rôles qui déterminent également sa place et sa marge de manœuvre au sein de la société. Lorsqu’elle est fille, elle doit obéir à son père, après s’être mariée, c’est à son mari qu’elle doit rendre ses comptes, enfin, quand ce dernier disparaît, c’est au fils qu’elle doit se soumettre. Ce principe connu comme celui des « Trois Obéissances » n’a heureusement plus tellement cours de nos jours à Taiwan. Néanmoins, le fond de cette pensée transparaît encore de manière plus insidieuse notamment au travers de l’éducation par exemple ou de questions portant sur le
mariage et même la cigarette !

Ma famille taiwanaise réunit à elle seule les deux extrêmes de modèles féminins taiwanais que j’ai pu rencontrer ici ; d’une part, ma tante : une ancienne chanteuse de cabaret, sans enfant, vivant en concubinage avec mon oncle et fumeuse par-dessus le marché ! D’autre part, ma cousine, belle liane asiatique aux cheveux soyeux et à la peau de lait, assez timide et secrète, sans aspiration notoire sinon de travailler pour gagner de l’argent…pour faire du shopping !

Suggestions du Jour
New Models for Asian Women? By Li-chun Lee
A Woman for President! By Kailing Wang