mardi 2 juin 2009

我看到

appel raté à 3 heures du matin, insomnie matinale, essai de traduction d'un texte sur l'amitié
Extrait de Panorama de la vie humaine, Yu Qiuyu

J’ai vu que sous la plus sublime des lueurs lunaires, les vallées sont des déserts
Et que les bras les plus intimes étreignent des amitiés orphelines

J’ai vu que les plus belles rencontres au soir de sa vie sont les adversaires de sa jeunesse
Et que les vieilles rancœurs les plus tenaces sont dirigées envers les amis de longue date

J’ai vu que les pactes les plus fermes sont conclus par intérêt
Et que les séparations les plus nettes sont décidées par amour

J’ai vu qu’il est plus aisé de se réconcilier après une guerre de cent ans
Que d’oublier un mot fâcheux

J’ai vu que les amitiés les plus quelconques s’exacerbent dans les flots de l’alcool
Tandis que les affections les plus nobles s’épurent sous les traits d’un pinceau pudique

J’ai vu que les gens de peu se précipitent au chevet des mourants
Quand les vrais amis n’apprennent les mauvaises nouvelles qu’au dernier instant



《人生風景》(余秋雨)

我看到,被最美的月光籠罩著的,總是荒蕪的山谷。
我看到,被最密集的「朋友」簇擁著的,總是友情的孤兒。

我看到,最興奮的晚年相晤,總是不外於昔日敵手。
我看到,最怨憤的蒼老歎息,總是針對著早年的好友。

我看到,最堅固的結盟,大多是由於利益。
我看到,最決絕的分離,大多是由於情感。

我看到,最容易和解的,是百年血戰。
我看到,最不能消解的,是半句齟齬。

我看到,最低俗的友情被滔滔的酒水浸泡著,越泡越大。
我看到,最典雅的友情被矜持的水筆描畫著,越描越淡。

我看到,最早到臨終床前的,總是小人。
我看到,最後被告知噩耗的,總是摯友。

mercredi 6 mai 2009

Ecoutez le chant des grenouilles

Tititititititiiiiiii.... keurôakeurôa! twoutwou? twoutwoutwou!

J'essaye seulement de retranscrire le chant des grenouilles entendu sur Arte Radio: Yannick Dauby, artiste sonore vivant à Taiwan, a enregistré quelques unes des 32 espèces de grenouilles présentes sur l'île... Petite symphonie batracienne pour se plonger dans la moiteur nocturne de Formose (j'ai l'impression que ça se passe la nuit mais j'ai peut-être tort)

"Brillants comme les yeux des grenouilles"
http://www.arteradio.com/son.html?400770


(image empruntée sur ce site: http://edu.ocac.gov.tw/biweekly/459/english4.htm)

jeudi 23 avril 2009

Une chance sur...

Photo de Roy Berman

Le hasard joue des tours auxquels il est parfois bon de se laisser prendre... Il y a deux mois, à un dîner d'amis, alors que je bavarde avec mon voisin de table, nous nous rendons compte mutuellement que nous habitons sur les deux flancs opposés de la même montagne; en guise de plaisanterie, nous nous proposons de nous retrouver un jour au milieu de cette montagne.

Il y a deux semaines, alors que je me remettais d'un week-end agité par une marche revigorante dans la montagne derrière chez moi, je rencontre précisèment ce même français à l'endroit que nous nous étions dit et sans nous concerter. En même temps, un ami espagnol rencontré à Taipei mais habitant maintenant à Barcelone rencontre dans une fête mon frère en goguette hors de France pour quelques jours... Je ne peux que reprendre le message de mon pote: "le monde est un mouchoir" (el mundo es un panuelo).

En fait les statisticiens et faiseurs de probabilités disent que ces rencontres "improbables" sont de simples coïncidences dûes aux lois des "très grands nombres". Ainsi par exemple, il y a de fortes chances qu'un inconnu rencontré lors d'un voyage connaisse aussi une personne qui vous est familière. Comment cela est-il possible? Mettons que deux personnes lambda connaissent 1000 personnes chacune, sur une population de 50 millions d'habitants, elles ont 1 chance sur 50000 de se connaître; les probabilités augmentent encore davantage qu'elles aient un ami commun (1 sur 50) et il ya 99 chances sur 100 qu'elles soient reliées par une chaîne de deux personnes.

Cependant, ces réponses mathématiques peuvent paraître décevantes au vu de la complexité du réel. Finalement, la manière dont nous interprétons et vivons ces événements a priori fortuits, n'est-elle pas plus intéressante? Faire preuve de scepticisme ne serait une démarche constructive que si nous faisons appel à toutes nos facultés d'analyse...Il en est de même des statistiques dont l'actualité nous abreuve, "privilégier l'usage des chiffres et des statistiques nous rend plus sensibles à la quantité qu'à la qualité" dit Benoît Vermander dans son article (Figures and Reality), "Les statistiques nous font oublier de nous interroger sur la raison des choses".

Ainsi, si nous revenons au cas des corrélations arbitraires, ce n'est peut-être pas le caractère fortuit de la rencontre qui importe, mais les suites de cette rencontre et la manière dont cela influera, ou non, sur ma vie.

jeudi 9 avril 2009

Imaginer pour changer Taïwan

Au mois d’avril, nous célébrons le pouvoir bénéfique de l’imagination. Qu’il s’agisse du domaine des sciences, des arts ou des mouvements sociaux, rien de nouveau ne peut émerger et encore moins survenir si nous ne sommes pas capables d’imaginer de nouveaux théorèmes, de nouvelles visions, de nouvelles manières d’agir ensemble et de nouveaux rêves pour le futur. En temps de crise, il paraît d’autant plus nécessaire d’imaginer de nouvelles solutions et de nouveaux modes d’action. Aussi le Focus de ce mois-ci est-il dédié à la manière dont certains emploient l’imagination comme force de changement, en Asie en général et à Taiwan en particulier :

Julia K. Anderson nous enjoint à exiger un peu moins de perfection et un peu plus d’imagination dans l’éducation des enfants, tandis qu’Andreas Gursch, dans une autre courte vidéo, nous raconte une expérience imaginative mise en œuvre dans la province du Guangdong et faisant appel à la participation civile.

La littérature et la science fiction ont souvent anticipé les inventions scientifiques ; Hubert Kilian partage sa vision futuristique de Taiwan, 25 ans après. Moi-même, je raconte l’histoire d’un vieil homme qui fait appel à son imagination pour remplacer sa mémoire perdue.



Nos contributeurs ont tous laissé libre cours à leur imagination : ne manquez pas les articles et les photos de Joe Russo, Bendu et Alice Lin.

mardi 10 mars 2009

Milkshake à la banane



J'ai déjà évoqué à plusieurs reprises mon statut de " banane" (voir Egg or Banana), i.e. d'asiatique d'outre-mer. Alice qui travaille pour eRenlai avec nous depuis le mois de Décembre est elle aussi une banane de provenance très exotique et peu commune car elle est née à Taiwan (dans la ville de Hualien sur la côte est), elle a grandi en Namibie et en Afrique du Sud avant d'aller faire ses études en France et de revenir s'installer à Taipei ! (elle détaille d'ailleurs un peu plus son parcours dans son article sur le syndrome du zugunruhe, ou le syndrome de l'oiseau migratoire).

Alice a interviewé 4 jeunes hommes d'origine asiatique ou métisse (pas moches d'ailleurs) et ayant grandi aux Etats-Unis ou en Europe en leur posant des questions sur leur identité et sur leur apparence, comment ils se perçoivent eux-mêmes, comment il sont perçus par les autres ici et là-bas... C'est intéressant de comparer les expériences et aussi la sienne. J'avoue qu'il y a parfois des inconvénients à être une banane à Taipei car les étrangers en général possèdent encore (mais pour combien de temps !) une aura particulière. Mais je sens aussi que c'est un grand avantage de passer inaperçu, d'avoir la liberté d'être considérée d'emblée sur un pied d'égalité et non pas comme un être a priori différent. C'est ainsi un atout indéniable d'être considérée comme une taïwanaise par les taïwanais bien que mon accent bizarre me trahisse souvent par la suite (et quand mon chinois est rouillé, j'ai même droit parfois à des regards voire des réflexions qui disent : "j'ai affaire à une demeurée").

A Paris, par contre, l'on m'a fait une fois une réflexion étonnante, quand j'ai été complimentée sur mon très joli accent en français!

mardi 3 mars 2009

Mon Visage, Moi (extrait de la lettre du mois de mars)


Est-ce mon apparence qui me définit en premier ou est-ce plutôt l’inverse ? Aussi notre Focus intitulé « Mon Visage, Moi » porte-il une touche très féminine ce mois-ci. Diverses contributrices nous présente d’une manière esthétique leur conception du lien entre identité et apparence : Aimée Hsu est peintre et maîtrise aussi l’art du maquillage, elle nous décrit ici l’art d’appliquer des couleurs sur un visage. Aurélie Kernaléguen est allée enquêter sur la chirurgie esthétique à Taïwan tandis que Wen-chun Kuan nous fait partager l’intimité de ses autoportraits photographiques. De son côté, Alice Lin se demande si la beauté est mathématique et constate que les apparences sont souvent trompeuses quand il s’agit des jeunes asiatiques d’outre-mer.

Pour vous, eRenlai s’efforce de mettre en ligne régulièrement de nouvelles créations vidéos : chaque semaine, nous vous invitons à visionner notre commentaire sur la homepage. Parmi nos éditoriaux du mois de mars, nous vous proposons de courtes vidéos rapportées d’un village situé dans la province du jiangxi en Chine : pourquoi ne pas démarrer avec Good morning Changxi village! ou Le Forgeron ? En outre, ne manquez pas le récit du prêtre Jésuite Andres Diaz de Rabago âgé maintenant de 92 ans et ayant vécu en Chine, aux Philippines, au Timor Oriental et à Taïwan. D’autres vidéos, articles et animations Flash abordent les sujets de l’enseignement des langues ou le décès récent du maître bouddhiste Sheng Yen.

mercredi 11 février 2009

Le carnet magique de Tafalong


L'an dernier, j'ai participé à la réalisation d'un documentaire se déroulant dans un village aborigène situé sur la côte Est de Taiwan. Cette expérience a été pour moi l'occasion de mieux connaître une partie à la fois géographique et culturelle de l'île. Taiwan reconnait en effet officiellement 14 peuples aborigènes dont celui des Amis, mais on ressent relativement peu leur présence à Taipei. L'expérience entière mérite plus qu'un simple post de blog (et fera d'ailleurs peut-être l'objet d'un récit plus long), je vous laisse d'abord "feuilleter" le site créé par Nicolas Priniotakis (en charge de notre nouveau département audiovisuel) et cliquer sur les liens mentionnés dans l'extrait de la newsletter de décembre ci-dessous:

http://erenlai.com/tafalong/

(Lettre de Décembre)
Tafalong est habité par le peuple Amis, l’un des quatorze groupes aborigènes de Taïwan. Nous avons suivi pendant toute cette année une jeune femme Amis, Nakao Eki, qui pour la première fois en neuf ans est retournée dans son village : de cette expérience, nous avons tiré un film documentaire, intitulé « On the Fifth Day, the Sea Tide Rose* », et dont vous retrouverez certains moments forts ce mois-ci sur notre site. Vous pourrez notamment y découvrir une nouvelle manière de narrer et d’écouter l’histoire orale des peuples aborigènes d'Asie.

Le grand-père de Nakao chante un air ancestral qui raconte les origines du village de Tafalong : Tafalong a niyaro.

Un autre personnage important du film est Haruko, la tante de Nakao, qui a perdu récemment l’un de ses fils. Elle et ses petites-filles revêtent ici les costumes traditionnels Amis pour entonner un dernier chant d'adieu avant le “Ilisin”, une fête durant laquelle les hommes de la tribu dansent en mémoire du fils décédé d’Haruko.

Soyez le témoin d’un spectacle insolite : des femmes âgées de Tafalong se réunissent chaque semaine dans la cour de l’église catholique et font revivre leur enfance par l’intermédiaire des kimonos qu’elles portent et des comptines qu’elles chantent, dans un mélange de religiosité et de divertissement.

mercredi 21 janvier 2009

Prédictions pour l'année du bœuf

L'année du bœuf commence samedi. Qu'elle vous soit propice !
Sur eRenlai vous trouverez un édito vidéo en français de Benoît Vermander qui se risque à émettre trois prédictions pour la Chine au seuil de cette année.

http://www.erenlai.com/index.php?aid=2184&lan=3

mercredi 26 novembre 2008

Le travail, c'est la santé


Depuis que je me suis inscrite à un club de gym, je suis devenue une vraie loque. Trois fois par semaine, je quitte mon bureau et traverse la rue pour me rendre dans un centre sportif portant le nom d'un état ensoleillé des Etats-Unis (dix balles pour celui ou celle qui trouve). On pourrait d'ailleurs s'étendre longuement sur le nom choisi, évocateur de jeunes surfeurs bien balancés, aux dents éclatantes de blancheur pour mieux contraster avec le bronze de leur peau. Mais dès qu'on pénètre dans les lieux, c'est une toute autre chanson qu'ahanent les sportifs en salle: vêtus de leurs plus beaux survêts, ils s'acharnent sur des machines électroniques qui affichent des coeurs, des losanges et des rythmes cardiaques. C'est la foire à la montre, à qui arbore les plus gros biceps et les plus larges auréoles de sueur. C'est la souffrance et l'effort qui font la loi et moi-même j'avoue m'être prise au jeu bien que je n'aie pas -encore- poussé le vice à m'affubler de la tenue complète : je n'ai ni les baskets de marque, ni les petits gants pour soulever les haltères. Etant nouvellement inscrite, on m'a, par contre, gentiment accolé un " personal trainer" qui essaye à tout prix de me motiver à acheter des séances d'entrainement privé. Après m'avoir longuement expliqué que je j'ai du gras partout et du muscle nulle part, mon "personal trainer" met mon petit corps chétif à rude épreuve et voilà trois jours que j'essaye de m'en remettre, la seule position qui ne fait pas souffrir quand je suis debout étant celle du golfeur constipé, à savoir : le dos légèrement voûté et les fesses en arrière... Fort heureusement, je ne sens presque rien quand je suis assise à mon bureau devant mon écran d'ordinateur, je suis donc toujours apte au travail.


"Le travail, c'est la santé", comme chantait l'autre, "rien faire c'est la conserver, les prisonniers du boulot font pas de vieux os..." (Henri Salvador)


Je signale à ce sujet un petit article posté sur le site http://china-crossroads.com/ : Why China’s Economic Rise is Unhealthy, (Pourquoi l'essor économique de la Chine nuit à la santé) dans lequel l'auteur évoque brièvement les heures de travail et le rythme de vie frénétique auxquels sont astreints les cols blancs en Asie, expats compris. 80 à 100 heures de travail par semaine arrosées d'une bonne dose de café, d'alcool et de tabac car l'on se détend le soir et le week-end dans les boîtes, lounge bars et karaokés... Et pour se déculpabiliser de tous ces excès, on finit ensuite la semaine par une petite séance de tapis roulant! Pour ma part, mon club de gym aura eu ma peau, je ne suis plus bonne à rien ces temps-ci, j'ai même récemment abdiqué devant mes courbatures, refusant de boire une bière avec des amis pour rentrer chez moi m'affaler sur mon canapé et regarder des jeux télévisés japonais...


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Aurélie Kernaléguen (auteure de la photo) a réalisé l'interview d'un adepte du body building à Taiwan:


Le sport, le sang et la sueur (je m'exprime en vrac sur les joueurs de rugby français, le football féminin à Zanzibar)

mardi 12 août 2008

Renlai Mag à la librairie "Le Phénix" (Paris)

Tous ceux qui ont fait des études de chinois à Paris connaissent l'incontournable librairie Le Phénix située au coeur de Paris près des Halles! Certains savaient peut-être qu'on y trouve le magazine Renlai publié ici à Taiwan (donc, plus d'excuse, precipitez-vous-y vite!)



Ce mois-ci, ils nous font même l'honneur de le mettre en vitrine - JO obligent - comme indiqué en couverture : 身體.心靈.奧運會 (Le Corps, l'Esprit et les Jeux Olympiques)
A ce propos, je rappelle aussi mon petit texte écrit après avoir vu la finale de la coupe du monde de rugby cette année