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mardi 2 juin 2009

我看到

appel raté à 3 heures du matin, insomnie matinale, essai de traduction d'un texte sur l'amitié
Extrait de Panorama de la vie humaine, Yu Qiuyu

J’ai vu que sous la plus sublime des lueurs lunaires, les vallées sont des déserts
Et que les bras les plus intimes étreignent des amitiés orphelines

J’ai vu que les plus belles rencontres au soir de sa vie sont les adversaires de sa jeunesse
Et que les vieilles rancœurs les plus tenaces sont dirigées envers les amis de longue date

J’ai vu que les pactes les plus fermes sont conclus par intérêt
Et que les séparations les plus nettes sont décidées par amour

J’ai vu qu’il est plus aisé de se réconcilier après une guerre de cent ans
Que d’oublier un mot fâcheux

J’ai vu que les amitiés les plus quelconques s’exacerbent dans les flots de l’alcool
Tandis que les affections les plus nobles s’épurent sous les traits d’un pinceau pudique

J’ai vu que les gens de peu se précipitent au chevet des mourants
Quand les vrais amis n’apprennent les mauvaises nouvelles qu’au dernier instant



《人生風景》(余秋雨)

我看到,被最美的月光籠罩著的,總是荒蕪的山谷。
我看到,被最密集的「朋友」簇擁著的,總是友情的孤兒。

我看到,最興奮的晚年相晤,總是不外於昔日敵手。
我看到,最怨憤的蒼老歎息,總是針對著早年的好友。

我看到,最堅固的結盟,大多是由於利益。
我看到,最決絕的分離,大多是由於情感。

我看到,最容易和解的,是百年血戰。
我看到,最不能消解的,是半句齟齬。

我看到,最低俗的友情被滔滔的酒水浸泡著,越泡越大。
我看到,最典雅的友情被矜持的水筆描畫著,越描越淡。

我看到,最早到臨終床前的,總是小人。
我看到,最後被告知噩耗的,總是摯友。

jeudi 13 mars 2008

Le dos de mon père

eRenlai consacre son focus du mois au thème de la paternité. En chinois, le magazine et le focus ont titré: 父親,不只有背影 , ce qui signifie "Un père n'est pas seulement un dos" (la traduction - de mon crû - n'est sûrement pas la meilleure, mais j'ai voulu garder la dimension involontairement comique de l'histoire).

En effet, le titre chinois fait référence à un texte apparemment incontournable des études secondaires à Taiwan : Dos (背影,
voir le texte original en chinois) de Zhu Ziqing (朱自清) (1925). Le narrateur raconte sa relation avec son père qui connait des déboires professionnels et affectifs : jeune garçon puis adolescent, il voit la déchéance financière de son père qui doit payer les funérailles de sa mère et pour cela hypothéquer la maison familiale. Un jour, le fils doit se rendre a Nanjing et le père décide de l'accompagner. S'ensuit une scène poignante durant laquelle le père du narrateur décide d'acheter des fruits pour que son fiston ait de quoi grignoter pendant le trajet. Le narrateur verse alors de chaudes larmes en évoquant la silhouette grassouillette de son père qui doit descendre un parapet pour aller acheter les fruits. Le texte s'achève ensuite sur la décrépitude du père qui devient acariâtre a la fin de sa vie et passe son temps à accabler de reproches son entourage.

Mon chinois n'est peut-être pas assez bon pour saisir toutes les subtilités littéraires du texte (il me faut en effet faire un effort d'imagination assez considérable pour percevoir l'aspect dramatique et poignant de la situation), mais je crois que je peux ressentir ce que tente de décrire le narrateur quand je me réfère à mon expérience personnelle : dire au-revoir a quelqu'un et avoir l'impression que c'est la dernière fois que l'on voit sa silhouette s'éloigner de dos. Ne dit-on pas en français que "partir, c'est mourir un peu"?...